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Des produits fermiers, des gîtes et tables, des paysages, des paysans et des ruraux à découvrir!

Produire et consommer autrement ?

L’agriculture évolue, se renouvelle. Devant la multiplication des crises sanitaires dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, des pouvoirs publics, quelques chercheurs, des associations de consommateurs, mais aussi bon nombre d’agriculteurs ont décidé de réagir en proposant de soutenir ou de développer une « agriculture durable », répondant à quatre types d’enjeux : préservation de l’environnement, respect des hommes, viabilité économique, souci des générations futures.

A côté d’une agriculture industrielle et productiviste, de plus en plus contestée mais encore largement dominante, se développe une diversité d’initiatives et d’alternatives au niveau de la production et de la commercialisation, encore peu connues et reconnues.

Cherchant à se rapprocher des citoyens et de leurs préoccupations, elles essaient de combiner des enjeux de qualité des produits et de solidarité avec les plus défavorisés, producteurs comme consommateurs.

C’est l’occasion de manger de meilleurs produits, mais aussi de consommer "autrement" en inscrivant son acte d’achat dans une démarche à la fois solidaire et exigeante.

C’est l’occasion également de créer de nouveaux liens à l’échelle des territoires, de rétablir la confiance entre producteurs, chercheurs et citoyens, souvent étrangers l’un pour l’autre, et de revaloriser des métiers, celui d’agriculteur en particulier. Mais c’est aussi l’occasion, pour certains, de tirer profit des préoccupations et des bonnes volontés, au risque de décrédibiliser des démarches encore émergentes…

Sans diaboliser la grande distribution, qui conserve bien sûr son intérêt, intéressons-nous aux diverses façons de "manger mieux et autrement", de leurs intérêts et limites, au niveau des prix notamment, pour contribuer ensemble à un développement durable. (source: Nabil HASNAOUI AMRI, CIVAM 34)

A chacun son alternative !

Voici un petit guide à l'usage de ceux qui, dans leurs choix de consommation alimentaire, souhaitent allier le goût, le respect de l'environnement, la solidarité, la convivialité, la durabilité économique...

 

Votre temps, votre budget Ce que vous recherchez Des pistes à explorer
Vous avez du temps libre mais un budget limité Vous souhaitez choisir parmis une variété de produits frais et transformés (légumes, fruits, fromages, confitures…) Les marchés paysans, en plein air, hebdomadaires, regroupent des producteurs qui vendent directement leur production.
Pour connaître des marchés paysans proches de vous en région PACA, recherchez dans l'Annuaire des Bonnes Adresses.
Vous avez du temps libre et un peu de budget Vous souhaitez vous investir activement et collectivement et durablement pour soutenir les producteurs locaux Les AMAP, Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne, sont formées de consommateurs qui achètent à l’avance une part de la production auprès d’un producteur qui s’engage en retour à proposer une gamme variée de produits à un prix "équitable". Voir Alliance Provence

L'association Tout Naturellement propose un abonnement trimestriel à des paniers hebdomadaires de fruits et légumes frais issus de petits producteurs locaux. Des commandes groupées de matériaux écologiques sont aussi possibles.
Vous avez peu de temps et un peu de budget Vous souhaitez trouver en un seul endroit une gamme complète de produits, ou vous faire livrer à domicile La boutique de producteurs sont des points de vente collectifs où les producteurs présentent et vendent eux-mêmes leurs produits.
Voir: La Banaste (L'Isle-s/S., Vaucluse) 04 90 20 95 57

Certains sites internet proposent de composer votre panier à la carte, à partir d'une liste de produits fermiers locaux et vous livrent à domicile en fonction de votre situation géographique.
Voir : Le Panier Paysan
Vous êtes concernés par la précarité, le chômage Vous souhaitez participer à la création d'emploi et à l'insertion de personnes en difficulté Les entreprises d’insertion par l’agriculture proposent à des personnes en difficulté professionnelle et/ou sociale de trouver un débouché dans les métiers agricoles.
Voir : Les Jardins de Cocagne
Vous gérez un restaurant collectif (ex: scolaire) Vous souhaitez proposer des menus composés à partir de produits bio et/ou locaux de qualité L'association Un Plus Bio peut vous aider à composer des menus équilibrés et à vous approvisionner en produits bio et/ou locaux de qualité, en fonction de votre budget. Elle propose aussi des actions éducatives auprès des convives.

Qu'est-ce qu'un produit fermier ?

Pour une reconnaissance de la production fermière

Le terme "fermier", "de la ferme", "à la ferme", a suscité un intérêt croissant des consommateurs depuis les dernières crises alimentaires. Cette dénomination est aujourd'hui utilisée par plusieurs types d'opérateurs et finit par être exploitée abusivement par de nombreux acteurs de l'agro-industrie, qui profitent ainsi de son image valorisante. Le consommateur peut donc difficilement s'en faire une opinion claire.

Les associations de consommateurs et les associations de producteurs fermiers ont exprimé l'importance de la mise en place d'une réglementation sur les conditions d'utilisation du terme fermier, afin qu'elle ne soit pas détournée de son sens. L'objectif d'un tel décret serait donc :

  • apporter lisibilité et transparence au consommateur
  • éviter des distorsions de concurrence préjudiciables aux véritables producteurs fermiers.

Cette définition repose globalement sur le fait qu'un produit fermier est produit par un agriculteur, à partir des matières premières de son exploitation, transformé sous sa responsabilité et commercialisé sous son nom.

La Charte Nationale d'engagement des producteurs fermiers

Les représentants des associations de producteurs fermiers, réunis au sein de la FNAPF (Fédération Nationale des Associations de Producteurs Fermiers) ont retenu ces huit points de convergence à l'identification des producteurs fermiers :

  • Les producteurs fermiers sont des agriculteurs en activité, inscrits à la Mutualité Sociale Agricole (MSA).
  • Ils sont producteurs et transformateurs de leur matière première, et vendeurs de leurs produits.
  • Les matières premières principales et discriminant le produit sont issues exclusivement de
    leurs fermes.
  • En cas d'ateliers en commun, chaque producteur retrouve dans son produit fini sa propre
    matière première.
  • Le faconnage est uniquement admis pour les interventions techniques ne modifiant pas les caractéristiques du produit. Il reste sous la maitrise et la responsabilité du producteur.
  • Les producteurs fermiers élaborent leurs produits de façon non industrielle dans des ateliers de taille limitée. Ils participent ainsi à chaque étape du processus de fabrication du produit.
  • Ils gardent la responsabilité de producteur-transformateur-vendeur jusqu'à la présentation finale du produit.
  • En dehors du cadre de la vente directe, leurs nom et adresse sont obligatoirement inscrits sur le produit (dans une logique de transparence) sans sur marque du distributeur. Ainsi le produit est identifié au producteur et au territoire.
  • Ils appliquent la réglementation en vigueur, sous la responsabilité des services compétents. Ils s'engagent à respecter un cahier des charges descriptif par produit.
  • Ils travaillent dans une perspective d'agriculture durable et respectueuse de l'environnement.

L'agriculture durable, selon le réseau INPACT (Initiatives Pour une Agriculture Citoyenne et Territoriales)

Le qualificatif « durable » fait bien évidemment l’unanimité, qui voudrait soutenir l’insoutenable ? Par contre sa définition est bien moins unanime, chacun l’interprète à sa façon au risque d’ôter tous sens à ce vocable pourtant entré dans les textes officiels.

Pas de standard, mais…

Qu’il y ait plusieurs façons de mettre en œuvre le développement durable ou l’agriculture durable est d’autant plus indiscutable que c’est un des principes de la durabilité : pas de pratiques standards puisqu’elles doivent être en cohérence avec leur milieu.

Ce qui n’autorise pas pour autant à qualifier tout et n’importe quoi de « durable », encore faut-il respecter l’intégralité des principes fondamentaux du développement durable. En dépit de leur référence à l’agriculture durable, de nombreuses orientations actuelles tant au plan national, communautaires, qu’international, s’en écartent manifestement. Pour conserver un sens et une respectabilité, l’agriculture durable ne peut pas devenir un slogan brandi pour recueillir l’assentiment du plus grand nombre sans l’obligation de s’engager dans une démarche complète (pour être durable).

Pas de remise en cause dans le discours mais sur le terrain tout reste à faire, ou presque…

Dix ans après la prise de conscience planétaire initiée lors de la conférence de Rio, force est de constater que si le terme d’agriculture durable est utilisé par le plus grand nombre, c’est sans doute parce que chacun s’autorise à mettre derrière ce vocable seulement ce qui lui convient. Dans ces conditions il n’est pas très contraignant (mais aussi pas très signifiant ni efficace) de se réclamer de l’agriculture durable.

Loin du modèle rigide, ou du retour en arrière, l’agriculture durable est un projet pour demain, nous invitant à refonder l’agriculture sur des bases nouvelles à partir des constats et des connaissances scientifiques récents qui appellent à une réorientation fondamentale du développement agricole et rural. L’agriculture durable se développe déjà sur le terrain à partir des formes d’agriculture biologique, paysanne, économe et fermière.

Pour cela, le pôle INPACT estime qu’il est urgent de se référer aux fondamentaux de l’agriculture durable pour conserver un sens à cette expression consacrée en prenant réellement en compte de manière simultanée dans nos actions tous les principes du développement durable : L’agriculture durable ne peut pas être autre chose que la déclinaison au secteur agricole et rural des 27 principes du Développement Durable, ratifiés par 174 pays à RIO et qui de se fait constituent LA référence en matière de durabilité. Une proposition résultant d’une prise en compte partielle de ces principes ne peut pas s’autoproclamer « durable » au sens de la déclaration de Rio (www.agora21.org)

L’agriculture durable défendue par INPACT

Se revendiquer de l’agriculture durable c’est prendre en compte simultanément les 27 principes, rapportés aux domaines agricole et rural, peuvent se regrouper en quatre dimensions indissociables:

  • L’efficience économique : systèmes de production économes et autonomes, revenus décents
  • L’équité sociale : partage des richesses, des droits à produire et du pouvoir de décision
  • La protection de l’environnement : préserver la fertilité des sols, la biodiversité, les paysages la qualité de l’air et de l’eau,
  • La culture et l’éthique : respect des générations futures, des communautés rurales et paysannes. Gestion participative de l’espace et des modes de production d’ aliments de qualité.

L’agriculture de demain mérite mieux que les Organismes Génétiquement Modifiés et le verdissement du modèle industriel : elle a besoin de paysans, et en ce sens, il ne peut y avoir d’agriculture durable sans paysans dans les territoires ruraux. Aujourd’hui, par exemple, bon nombre des systèmes de production performants en agriculture durable sont ceux qui font appel aux savoirs faire paysans, bien placés pour percevoir la complexité et la globalité de l’environnement. Associés à l’évolution de nos connaissances scientifiques et à la concertation avec les citoyens, ils permettent de proposer et d’accompagner des changements opportuns.

S’engager à progresser vers plus de durabilité

Il n’existe pas de modèle achevé et figé de la durabilité. C’est un état d’esprit et une dynamique dans laquelle il est nécessaire de s’améliorer constamment et qui interdit de faire du sur place.

Une démarche (ou un cahier des charges) qui ne prévoit pas cette clause de progression et les moyens pour l’évaluer sera vite dépassée.

 

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